Norman Mailer

2023 - 2 - 2

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Centenaire de l'écrivain Norman Mailer, époux déçu de l'Amérique (Télérama.fr)

DANS LES ARCHIVES DE TÉLÉRAMA – L'auteur du “Chant du bourreau” fut la conscience rebelle des États-Unis, son pays adoré mais auquel il ne pardonnait rien.

[Steinbeck](https://www.telerama.fr/television/loeuvre-de-steinbeck-decortiquee-sur-arte.tv-dans-le-documentaire-le-roman-de-la-colere,n6577633.php), [Dos Passos](https://www.telerama.fr/livre/manhattan-transfer-7007493.php), [Hemingway](https://www.telerama.fr/livre/le-lac-majeur-paradis-perdu-d-ernest-hemingway-7007951.php) et [Dostoïevski](https://www.telerama.fr/sortir/les-demons-guy-cassiers-signe-une-vertigineuse-adaptation-de-dostoievski-a-la-comedie-francaise-6984052.php) qu’il se passionne. Ses ennemis déclarés : tout en haut de la liste, Richard Nixon, le vice-président d’Eisenhower devenu à son tour maître de la Maison-Blanche en 1969, alors que les États-Unis s’enlisent au Vietnam ; puis Ronald Reagan, et plus tard les Bush, père et fils confondus, dont Mailer vomit « le néoconservatisme cocardier ». C’est dire qu’ayant placé l’Amérique, ses héros et ses démons, au cœur de ses réflexions et de son œuvre, Mailer ne se voyait certainement pas comme le chroniqueur prosaïque de cette histoire. Il devient un intellectuel clairement et fermement ancré à gauche, mais terriblement peu soucieux de bien-pensance, œuvrant même activement à façonner l’image de hâbleur machiste qui ne le quittera plus – buveur, noceur, de tempérament volontiers belliqueux, amateur d’excès en tout genre, marié au total six fois, en outre accusé en 1960 d’avoir agressé à l’arme blanche son épouse du moment… Il les a même volontiers mêlés, mettant au service de ses reportages sur la vie politique et publique américaine – les conventions républicaines ou démocrates, les couloirs de la Maison-Blanche, les rassemblements du clan Kennedy à Hyannis Port… Brillant mais rebelle : durant la décennie 1950, Mailer s’engage dans le journalisme, fonde le magazine J’aime ce pays, je le hais, il me charme et il me dégoûte », expliquait-il (1), filant avec une ironie courroucée la métaphore conjugale. Une vie rêvée à ses yeux devenue un authentique cauchemar, car ayant cédé aux pulsions les plus négatives : la peur collective, le fantasme paranoïaque, la tentation du repli sur soi, la médiocrité morale, l’avidité mercantile, la dérive nihiliste. Il y a eu l’histoire de la politique, qui est concrète, factuelle, pratique et incroyablement terne si on ne tient pas compte des conséquences des actions de certains de ces hommes ; il y a aussi un fleuve secret de désirs inexploités, féroces, solitaires et romantiques, cette concentration d’extase et de violence qui est la vie rêvée de la nation » (dans L’Amérique, éd. Ce diagnostic sévère et morose, Norman Mailer s’est employé sa vie durant à le mettre au jour et à le combattre. [Norman Mailer](https://www.telerama.fr/tele/documentaire/norman-mailer-l-ecrivain-de-tous-les-exces-1-243300886.php), décédé le 10 novembre 2007 à 84 ans, occupait pourtant une place à part, imposante, au premier plan, ce n’est pas tant en raison de sa longévité (soixante années d’écriture) qu’en vertu de la relation très particulière, passionnelle, fusionnelle et conflictuelle, qu’il entretenait avec son pays. DANS LES ARCHIVES DE TÉLÉRAMA – L’auteur du “Chant du bourreau” fut la conscience rebelle des États-Unis, son pays adoré mais auquel il ne pardonnait rien.

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Notre critique du documentaire Norman Mailer: l'écrivain de tous les ... (Le Figaro)

C'est le centenaire de la naissance du vieux lion de Brooklyn. Pour l'occasion, Arte diffuse un film allemand de 2021 qui ne manque pas d'intérêt. Depuis la ...

À chaque fois, il en tire un livre à succès. Dans sa résidence de Cape Cod, il regarde la mer, songe au suicide de Hemingway, dessine des caricatures des présidents américains. Il veut métamorphoser la ville et en faire le 51e État du pays. Il se veut et se vit écrivain engagé comme son modèle, Hemingway. En 1960, il avait déjà failli tuer à coups de couteau sa femme du moment. C’est ce qui fait dire à l’une de ses filles: «À cette époque, il me terrifiait.» Après un séjour en HP, il endosse l’habit du chef de meute des contestataires américains. Fasciné par Kennedy, l’écrivain décide de se lancer en politique et se présente à la mairie de New York. Pour tenir, il se drogue et il boit. C’est le centenaire de la naissance du vieux lion de Brooklyn. Des images percutantes du documentaire le montrent, sur le tournage de l’un de ses propres films, se battant avec un comédien armé d’un marteau. Il faudra des années à Mailer pour, dit-il dans le film, «se forger un ego». Norman Mailer: l’écrivain de tous les succès, un film à ne pas manquer, ce mercredi 1er février à 22 heures 45 sur Arte.

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